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6 septembre 2014 6 06 /09 /septembre /2014 21:22

 

Quand on souhaite adopter un petit animal, pourquoi ne pas se diriger vers l'adoption d'une souris ? Pas chère, facile d'entretien, qui ne prend pas trop de place... avoir une souris chez soi est-il exactement ce que vous pensez ?
Quelques détails qu'il vaut mieux connaître avant de s'engager, plutôt que les découvrir au fur et à mesure de sa cohabitation avec sa souris.


 01.jpg

                        (photo 1)

Mâle ou femelle ?

La souris est un animal grégaire, c'est-à-dire qu'elle vit en groupe à l'état sauvage. Cependant, en captivité, si un groupe de femelles, même important en nombre, ne pose généralement aucun problème, plusieurs mâles cohabitent rarement sans bobo. Le mâle est territorial, et il est rare qu'il accepte la présence d'un autre mâle dans son espace. Dès la puberté les bagarres sont de mise entre eux, allant le plus souvent jusqu'à la mort des dominés, pour ne laisser en vie que le seul dominant.

02.jpg                        Cohabitation hamonieuse entre mâles castrés      (photo 2)

La femelle étant en chaleur tous les trois jours, et donnant naissance à des portées d'environ 10 bébés, laisser un mâle dans un groupe de femelles s'avère très rapidement ingérable. De plus, la consanguinité peut provoquer des maladies inguérissables, telle celle dîte du "sang qui gratte", fréquete dans la consanguinité : les souris atteintes s'auto-mutilent, allant fréquemment jusqu'à détruire leurs oreilles ou leurs pattes, voire se grattant juqu'à en mourir.

03.jpg                        Souris victime de la maladie du "sang qui gratte"    (photo 3)

Il est donc de mise, en captivité, de faire vivre les mâles de manière isolée, ce qui demande, pour que l'animal ne s'ennuie pas, une importante présence humaine à ses côtés.
Une autre possibilité est de faire pratiquer sur le mâle une castration chirurgicale. Attention, si l'intervention permet à un mâle de vivre dans un groupe de femelles, ou de faire cohabiter ensemble plusieurs mâles castrés, elle se doit d'être pratiquée par un vétérinaire spécialisé dans les NAC (Nouveaux Animaux de Compagnie), car elle demande une dextérité particulière, ainsi qu'une bonne connaissance de l'anesthésie d'une souris de seulement quelques dizaines de grammes (voir moins si l'intervention est pratiquée dans les toutes premières semaines de vie).

 

 

04.jpg                         (photo 4)


Il existe cependant des cas de cohabitation harmonieuse entre mâles. Pour exemple ces deux mâles de quelques mois d'écart d'âge, ayant connu le malheur ensemble. Privés d'entretien, de nourriture et de tout l'indispensable à leur bien-être, n'ayant pas été non plus sociabilisés par l'humain, ils se sont serrés les coudes jusqu'à l'amour total, tellement qu'au décès de l'un d'eux, à un âge déjà avancé, l'autre serait mort s'il ne s'était alors et de façon soudaine et inattendue laissé approché puis cajolé par l'humain.

 05.jpg         2 petits mâles qui s'aimeront toute leur vie. Cas rare de cohabitation pacifique entre souris mâles (photo 5)

Il ne faut pas non plus envisager de faire cohabiter une souris avec une autre espèce. Sur la photo suivante, vous constaterez le résultat d'une cohabitation forcée entre un hamster russe, au demeurant très gentil, avec une souris mâle : la queue de cette dernière a été mangée par le hamster, et un morceau d'oreille a disparu.
Une souris sans queue n'a plus son sens naturel de l'équilibre, et requière une cage plus basse, pour limiter les risques de chutes.

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                        Souris attaquée par un hamster lors une cohabitation forcée    (photo 6)

Les femelles sont le plus souvent mises en petits groupes d'au moins deux individus dans une même cage, car considérées comme n'étant pas faites pour vivre seule. En réalité, elles ne le sont pas plus que les mâles mais pas moins, et pourront donc se satisfaire à l'instar de ceux-ci d'une vie en solitaire, si elles sont très souvent accompagnée d'un ami humain.



La cage

La souris étant un tout petit animal, il est souvent considéré qu'elle n'a pas besoin d'une grande cage. Or, à l'état sauvage, une souris peut parcourir plusieurs kilomètres en une seule nuit. Même agrémentée d'une roue (pleine, pour ne pas risquer qu'une patte se coince entre les barreaux), la cage d'une souris doit donc être spacieuse, et offrir à son occupante de quoi faire des exercices nombreux et variés.

07.jpg                        Exemple de roue pleine, sans danger pour les petites pattes

On la choisira donc de belle taille, avec des barreaux tout autour et sur le dessus pour permettre à sa souris de grimper, de marcher au plafond, bref... de s'éclater !

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                  98cm de long, 50cm de large, 60cm de haut, exemple de cage idéale pour un groupe de 6 à 8 souris



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                       80cm de long, 50cm de large, 60cm de haut, exemple de cage idéale pour 1 à 3 souris

Une importante couche de litière de chanvre sur le fond permettra non seulement d'éviter la plupart des odeurs, mais aussi à la souris de re-créer un peu son mode de vie naturelle, en creusant dedans des galeries (quelques tunnels de bois ou rouleaux de carton disposés sous la litière l'aideront à se fabriquer un véritable réseau sous-terrain).



Si les cages ne permettant pas une épaisseur de litière suffisante, ou aux côtés lisses en plastique (« Habitrail », « Plexi ») sont adaptées au tout début de la vie d'une souris (impossible pour elle de se sauver au travers des barreaux encore trop espacés pour son tout petit gabarit), elle sont à proscrire pour la souris adulte, n'offrant pas de possibilités suffisantes de jeux, de plate-forme en étage, ni d'aération satisfaisante.
De plus, en vieillissant, une souris, comme tout animal, peut connaître des problèmes locomoteurs. Une cage possédant un large plateau lui permettra de ne pas se sentir trop à l'étroit.

10.jpg                        Souris handicapée du train arrière, ayant besoin d'une cage à grand plateau     (photo 7)

En résumé, une cage grande, bien aérée et bien entretenue évitera à votre souris des pododermatites, et à vous des frais vétérinaires.

11.jpg               Souris victimes d'une cage trop petite, sans litière, et très peu nettoyée : l'une est souillée par l'urine, l'autre a développé une pododermatite au train arrière.        (photo 8)

Les sorties

 A.jpg
                        En promenade ....        (photo 9)

Aussi grande et bien aménagée que soit sa cage, la souris sera heureuse d'en sortir régulièrement pour des promenades.

B.jpg                        Une autre souris, une autre promenade        (photo 10)

Un espace sécurisé (attention, une souris se glisse facilement dans de tous petits espaces, et ronge tout, même les fils électriques), comme une pièce sans danger, ou un morceau de pièce aménagé en parc, un dessus de lit, tout peut devenir espace de sortie. Varier l'espace de sortie est plus intéressant pour votre souris, qui aime explorer des endroits inconnus.

C.JPG                        La chasse à la mouche, une activité passionnante....        (photo 11)


D.JPG               Le "sac à promenade" permet d'emmener sa souris d'un endroit à un autre sans danger     (photo 12)


Vous-même pouvez être un parcours de promenade très apprécié de votre souris.

12.jpg                 Une promenade dans les manches de papa n'empêche pas de venir dire un petit bonjour     (photo 13)


 

La litière

Comme dit plus haut, la litière de chanvre semble la meilleure litière pour la souris. Sans émanation toxique (contrairement aux copeaux de sapin ou de cèdre, pourtant encore largement répandus dans les rayons et même dans les cages des animaleries, qui peuvent lourdement endommager le système respiratoire des rongeurs) et au pouvoirs absorbants très élevés (humidité et odeurs), répandue en couche de plusieurs centimètres (une dizaine est déjà une épaisseur intéressante pour la souris) sur tout le fond de la cage, et à condition que cette dîte-cage soit d'une taille convenable, elle pourra rester longtemps en place (plusieurs mois, selon le nombre de souris -1 à 3 pour une cage de 80cm x 50cm), permettant à la souris de conserver ses repères olfactifs tout en nettoyant quotidiennement le reste de la cage (barreaux, jouets, gamelles, plateformes), Le jour où vous changez la litière, il vaut mieux éviter de nettoyer la totalité du reste (laisser par exemple un jouet ou un dodo avec ses odeurs), toujours pour cette question de repère.

13.jpg                        Une dizaine de centimètres de litière de chanvre, de quoi bien s'amuser       (photo 14)

De la même façon, on évitera pour que la souris se fasse un nid, de lui donner des fibres de coton ou des fibres similaires, le risque étant que des fibres n'entourent une patte, pouvant faire effet garot. Cela peut aller jusqu'à la perte de la patte. Le même risque existe autour du ventre ou du cou.
On préférera le kapok, sans risque, très doux, et fortement apprécié des souris. On le distribuera « tout prêt », ou en graine, la souris se chargeant alors de vider la coque pour en extraire son dodo.


06.jpg                        Dans le confort ouaté du kapok        (photo 15)

Le budget

Trop souvent, la souris est achetée « parce qu'elle ne coûte pas cher ».
En effet, à l'achat, on peut trouver des souris dès 2€. La cage est achetée une fois pour toutes, et pourra servir à bon nombre de petites souris, une fois la première partie au paradis des rongeurs. Les jouets seront eux aussi encore en services pour plusieurs années, après leur première propriétaire. La nourriture, même choisie soigneusement (toutes mes souris se sont toujours trouvées très bien d'un mélange de 5 céréales bios floconnées, agrémenté chaque soir d'une gourmandise variée) ne coûte que quelques centimes par jour.
Mais quand on devient propriétaire d'une souris, il ne faut pas oublier un facteur inconnu : le vétérinaire.



Ce n'est pas parce qu'une souris ne coûte que quelques euros à l'achat qu'elle ne doit pas être soignée au même titre que le chien ou le chat de la maison. Délaisser l'aspect santé de sa souris relève de la même maltraitance que le chien ou le chat malade ou blessé laissé sans soins, et est punissable au même titre par la loi, quand cela vient à se savoir.

15.jpg       Marquage de laboratoire à l'oreille, cette petite souris, conçue pour développer une maladie précise aura souvent besoin de l'intervention du vétérinaire          (photo 16)

Il est alors bon de se préoccuper de trouver l'adresse d'un vétérinaire spécialisé dans les NAC (comme précisé plus haut par rapport à la castration), la plupart des vétérinaires « chiens-chats » n'étant pas compétant dans ce domaine (certains allant jusqu'à prétendre qu'une souris est si légère qu'un dosage de médicaments ne peut pas être calculé. Calcul que saura pourtant faire un vétérinaire spécialisé).
A noter qu'un vétérinaire « NAC » n'est pas plus cher qu'un vétérinaire « chiens-chats ».

En écrivant à cette adresse, vous obtiendrez les adresses des vétérinaires spécialisés en NAC de votre département (bien préciser le n° du épartement dans votre demande) : vetosnac@gmail.com

Les aliments nocifs


16.jpg           Si quelques miettes de gâteau font plaisir et sont sans conséquence, mieux vaut ne pas laisser votre souris se servir seule, elle pourrait être trop gourmande      (photo 17)

Cette liste est non exhaustive, et pourra être allongée au fil du temps.....
Attention aussi aux médicaments laissés sans surveillance : les petites dents des souris ont vite fait de venir à bout d'un tube de pommade ou d'un oppercule de tablette de comprimés.

- Alcool
- Chocolat
- Café, thé (tous les excitants)
- Epices
- Pomme de terre crue
- Pépins (toujours retirer les pépins des fruits)
- Agrumes


En outre, le système respiratoire des rongeurs, donc de la souris, étant fragile, il est recommandé de ne jamais fumer dans la pièce où la cage est installée.



 



                                             Bonne route avec votre / vos souris

17.jpg

                         (photo 18       

Merci pour leur collaboration involontaire à l'illustration de cet article à Kinish (photos 1 & 5), Baltazard, Gustave & Coco l'Asticot (photo 2), Ernest (photo 3), Pluto (photo 4 & 8), Chichoune (photo 5), Pixel (photo 6), Fleur (photo 7), Dingo (photos 8 & 18), Daphnée (photo 9), Christophe (photo 10), Momo (photos 11, 12 & 15), Violette (photo 13), Dudulle (photos 14 &17) et Sylvette (photo 16)

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